Arrêté antipesticides : Macron « soutient » le maire de Langouët « dans ses intentions »

Le Monde du 23/08/2019 avec AFP.


Dans une interview donnée à « Konbini », le chef de l’Etat dit souhaiter « aller vers un encadrement des zones d’épandage de pesticides », en pointant « les conséquences sur la santé publique ». 



Manifestation de soutien à Daniel Cueff, le maire de Langouët, devant le tribunal administratif de Rennes, jeudi 22 août. SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP

Sur le sujet des pesticides, Emmanuel avoue qu’il « avait des convictions ». Mais dans une interview donnée, vendredi 23 août, au site d’information Konbini, le président de la République affirme avoir « changé ces derniers mois, très profondément ». Désormais, il assure soutenir « dans ses intentions » le maire de Langouët (Ille-et-Vilaine), Daniel Cueff, poursuivi pour avoir pris un arrêtélimitant l’utilisation de produits phytopharmaceutiques sur sa commune.

« Il y a des lois, [la préfète] doit les faire respecter, donc je serai toujours derrière les préfets qui font respecter les lois », a d’abord plaidé M. Macron, en estimant que « la solution n’est pas de prendre un arrêté qui n’est pas conforme à la loi » mais plutôt « de mobiliser pour changer la loi ». En ce sens, le chef de l’Etat dit souhaiter « aller vers un encadrement des zones d’épandage de pesticides », en pointant « les conséquences sur la santé publique ».

« Il faut le faire maintenant, très vite »

C’est aussi l’argument brandi par le maire de Langouët. Jeudi, l’élu a comparu devant le tribunal administratif de Rennes, après le recours de la préfecture d’Ille-et-Vilaine à l’encontre d’un arrêté municipal, jugé illégal. Ce dernier prévoit l’interdiction des pesticides à moins de 150 mètres de bâtiments d’habitation ou de locaux professionnels. Selon Daniel Cueff, il s’agit de « protéger » les habitants de sa commune de molécules jugées dangereuses pour la santé.

Cette action de désobéissance civile de la part de l’élu breton et d’une vingtaine d’autres maires français va-t-elle conduire à modifier la loi ? « Monsieur le maire, il a raison sur ses motivations », a insisté vendredi Emmanuel Macron. « Mais je ne peux pas être d’accord quand on ne respecte pas la loi, c’est normal, et ça, on va le changer vite », a-t-il poursuivi :

« Il faudra avoir aussi des discussions avec les agriculteurs, les producteurs pour que ça leur permette de fonctionner, parce que tout ça a un coût pour eux, ça veut dire qu’ils doivent mieux encadrer les choses. Je pense qu’il faut le faire maintenant, très vite. » 

Dans le cas de Daniel Cueff, la décision du tribunal rennais est attendue en début de semaine prochaine.