Municipales : à Bordeaux, la « reconquête végétale » de Thomas Cazenave (LRM)

Le Monde du 30/08/19.


Le candidat LRM, proche d’Emmanuel Macron, a présenté vendredi ses propositions, très axées sur l’environnement, contre le maire sortant de la ville, Nicolas Florian. 


La trêve estivale désormais achevée, l’heure est au lancement de sa campagne pour Thomas Cazenave. Ce vendredi 30 août, le candidat de La République en marche (LRM) aux élections municipales à Bordeaux a annoncé les grands axes de celle-ci. A quelques jours du « campus des territoires » organisé par LRM du 6 au 8 septembre dans la métropole, le candidat est bien décidé à marquer de son empreinte la ville qui l’a vu naître il y a quarante et un ans.

En tête de son programme figure la gestion environnementale de la ville, un sujet sur lequel la majorité actuelle à Bordeaux ferait fausse route selon le délégué interministériel à la transformation publique. Sans détours, Thomas Cazenave s’est interrogé vendredi sur la politique actuelle. « Est-ce que c’est par petites touches qu’il faut verdir la ville, ou est-ce que vous faites de la réconciliation de la ville de pierre avec la reconquête végétale un axe fort de votre projet urbain ? Ou est-ce que, tantôt ici je vais végétaliser la place, enlever quelques pavés, voire mettre quelques arbres en pot ? C’est un sujet super sérieux quand même », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Critiquant ainsi les projets du maire actuel, Nicolas Florian, comme l’ombrière installée place de la mairie tout l’été, ou encore le « plan canopée » avec l’ambition de planter 3 000 arbres par an contre 1 000 aujourd’hui. Thomas Cazenave l’a martelé, réaménager la ville autour de nouveaux espaces verts sera sa quête. En doublant la surface d’espaces verts accessibles partout, sur les deux rives de la métropole, en réaménageant 100 % des berges, ou encore en permettant aux Bordelais de trouver, dans un rayon de 200 mètres autour de chez eux, un espace végétalisé. Pour le candidat, l’enjeu est ici de changer le patrimoine existant pour le « valoriser » à l’échelle environnementale.


Réorganiser les services publics

Pour se faire, ce proche d’Emmanuel Macron veut employer les grands moyens. Il propose notamment de réorganiser les services publics et ceux de la ville, second axe important de sa campagne. En prenant l’exemple du pont Simone-Veil, vaste chantier débuté en 2017, qui doit relier la rive gauche à la rive droite, mais dont les travaux sont aujourd’hui à l’arrêt à cause d’un litige opposant la métropole au constructeur Fayat. Dans un entretien accordé à Sud Ouest le 29 août, Nicolas Florian a déclaré être « incapable de dire si le chantier va pouvoir redémarrer », s’attirant les foudres de l’opposition.

Pour Thomas Cazenave, « on ne peut pas être dans une situation où, au sortir de l’été, alors même que l’on parle de reconquérir les boulevards, on s’interroge aujourd’hui sur le fait qu’il y aura un pont ou non ». Le candidat LRM a annoncé sa position, arguant que le pont « est indispensable, alors même qu’on a des énormes problèmes de mobilité ». Et en ajoutant que se priver de ce franchissement serait une erreur et mettrait en difficulté la gestion globale de la ville « alors que des milliers de logements sont attendus sur la rive droite, et qu’il s’agit de la liaison avec Euratlantique », le quartier phare de la gare de Bordeaux.


Thomas Cazenave défend une politique progressiste, dans une ville marquée, souligne-t-il, par des difficultés d’adaptation face à l’arrivée massive de nouveaux habitants.


Cet exemple, Thomas Cazenave ne l’a pas choisi par hasard. Pour le macroniste, la question posée est celle de la gestion administrative de la ville, marquée ces derniers mois par les manifestations nombreuses et tendues des « gilets jaunes », et qui doit être repensée. Remettant en question l’absence d’attribution de certains budgets comme « 10 millions d’euros qui n’ont pas été dépensés sur les espaces verts et la végétalisation, alors même que c’est une priorité absolue », il en a profité pour mettre en avant son expertise au sein de Pôle emploi, dont il a été numéro deux pendant presque cinq ans.

Face au maire sortant qui s’inscrit dans les pas de son mentor Alain Juppé, Thomas Cazenave défend une politique progressiste, dans une ville marquée, souligne-t-il, par des difficultés d’adaptation face à l’arrivée massive de nouveaux habitants. « Quel est le projet de Nicolas Florian ?, a-t-il questionné. Ce que je sais, c’est qu’on a besoin d’un projet, et de nouveaux visages pour la porter, avec de nouvelles solutions. »

Ajoutant que « ce que l’on aime dans cette ville, sa qualité de vie, est un peu en train de se dérober sous nos pieds. Qui peut dire que sur le plan des transports, la situation est facile, qu’il est aisé de trouver un logement ? », a-t-il déclaré, avant de conclure, dubitatif, à propos du projet actuel du maire de la ville : « Celui qui consisterait à se dire je me mets dans les pantoufles, ça y est la ville est transformée, il suffit de la vivre, de gérer, ce n’est pas un projet. »

Claire Mayer  (Bordeaux, correspondante)